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Thérèse de Lisieux nous raconte sa
première communion. Sa manière de parler est
très étonnante (très style 19ème
siècle
mais quelle âme de feu chez cet
enfant.
Le « beau jour entre les jours »
arriva enfin, quels souvenirs ineffables ont laissé
dans mon âmes plus petits détails de cette
journée du Ciel!
Le joyeux réveil de
laurore, les baisers respectueux et tendres des
maîtresses et des grandes compagnes
Surtout
lentrée à la chapelle et le chant
matinal du beau cantique : « o saint autel
quenvironnent les anges! ».
Mais je ne veux pas entrer dans les détails, il
est des choses qui perdent leur parfum dès
quelles sont exposées à lair, il
est des pensées de lâme qui ne peuvent se
traduire en langage de la terre sans perdre leur sens intime
et céleste; elles sont comme cette »pierre
blanche qui sera donnée au vainqueur et sur laquelle
est écrit un nom que nul de connaît que celui
qui le reçoit » (Apocalypse 112/17).
Ah! Quil fut doux le premier baiser de Jésus
à mon âme!
Ce fut un baiser damour,
je me sentais aimée et je disais aussi :
« je vous aime, je me donne à vous pour
toujours ». Il ny eut pas de demandes, pas
de luttes, de sacrifices; depuis longtemps Jésus et
la pauvre petite Thérèse sétaient
regardés et sétaient compris
Ce
jour-là ce nétait plus un regard, mais
une fusion, ils nétaient plus deux,
Thérèse avait disparu, comme la goutte
deau qui se perd au sein de locéan.
Jésus restait seul, il était le Maître,
le Roi. Thérèse ne lui avait-elle pas
demandé de lui ôter sa liberté, car sa
liberté lui faisait peur, elle se sentait si faible,
si fragile que pour jamais elles voulait sunir
à la Force Divine!
Sa joie était trop
grande, trop profonde pour quelle put la contenir, des
larmes délicieuses linondèrent
bientôt au grand étonnement de ses compagnes
qui plus tard se disaient lune à lautre:
« pourquoi donc a-t-elle pleuré?
Navait-elle pas quelque chose qui la gênait -
non cétait plutôt de ne pas voir sa
Mère auprès delle (Thérèse
est orpheline de maman depuis lâge de 4 ans) ou
sa sur quelle aime tant qui est
carmélite ». Elles ne comprenaient pas que
toute la joie du ciel venant dans son cur, ce
cur exilé ne puisse le supporter sans
répandre de larmes
Oh! Non, labsence de
maman ne me faisait pas de peine le jour de ma
première communion : le ciel nétait-il
pas dans mon âme, et maman ny avait-elle pas
pris place puis longtemps?
L'après-midi ce fut moi qui prononçai
l'acte de consécration à la Ste Vierge, il
était bien juste que je parle au nom de mes compagnes
à ma Mère du Ciel, moi qui avais
été privée si jeune de ma Mère
de la terre... Je mis tout mon cur à lui
parler, à me consacrer à elle, comme une
enfant qui se jette entre les bras de sa Mère et lui
demande de veiller sur elle. Il me semble que la Sainte
Vierge dut regarder sa petite fleur et lui sourire,
n'était-ce pas elle qui l'avait guérie par un
visible sourire ?... Au soir de ce beau jour, je retrouvai
ma famille de la terre, déjà le matin
après la messe, j'avais embrassé Papa et tous
mes chers parents, Je ne fus pas insensible à la
fête de famille qui eut lieu le soir de ma
première Communion, la belle montre que me donna mon
Roi (son père) me fit un grand plaisir, mais ma joie
était tranquille et rien ne vint troubler ma paix
intime.
Marie me prit avec elle la nuit qui suivit ce beau jour, car
les jours les plus radieux sont suivis de
ténèbres, seul le jour de la première,
de l'unique de l'éternelle Communion du Ciel sera
sans couchant !...
Le lendemain de ma première Communion fut encore un
beau jour, mais il fut empreint de mélancolie, la
belle toilette que Marie m'avait achetée, tous les
cadeaux que j'avais reçus ne me remplissaient pas le
cur, il n'y avait que Jésus qui pût me
contenter, j'aspirais après le moment où je
pourrais le recevoir une seconde fois. Environ un mois
après ma première communion j'allai me
confesser pour l'Ascension et j'osai demander la permission
de faire la Sainte communion. Contre toute espérance,
Mr l'abbé me le permit et j'eus le bonheur d'aller
m'agenouiller à la Sainte Table entre Papa et Marie,
quel doux souvenir j'ai gardé de cette seconde visite
de Jésus ! Mes larmes coulèrent encore avec
une ineffable douceur, je me répétais sans
cesse à moi-même ces paroles de St Paul :
« Ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus qui vit
en moi !... » Depuis cette communion, mon désir
de recevoir le Bon Dieu devint de plus en plus grand,
j'obtins la permission de la faire à toutes les
principales fêtes.
Pour en savoir plus : http://therese-de-lisieux.cef.fr
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